Peur de rougir ?

Nous avons créé l’association des Têtes Reds pour que notre vie ne soit plus si limitée par la phobie...

Témoignage d'Emilie


"Je souffre comme un certain nombre de gens d’érythro-couperose. Bien supportée par les uns, elle peut être vécue comme un cauchemar par les autres. C’est mon cas…
Je vais vous raconter l’histoire de mes rougeurs.

J’ai toujours rougi, du moins j’en ai l’impression puisque déjà au début de l’adolescence j’avais des bouffées de chaleur au visage pour tout et pour rien.
C’est le signe d’une anomalie vasculaire et d’une fragilité capillaire. J’ai mis longtemps à comprendre de quoi il s’agissait. Il est vrai que c’est certes inesthétique, mais ce problème se solde surtout par un inconfort presque permanent de la peau.

A 17 ans, j’ai consulté un dermatologue pour tenter de trouver une solution. Il a été formel : seul le laser vasculaire pouvait effacer ces marques rouges sur mes joues. Il m’a alors annoncé un tarif exorbitant. On était alors en mai et ne pouvant pas me faire traiter pendant les beaux jours, je me suis laissé le temps de réfléchir. Ma seule obsession était de voir disparaître ces horribles rougeurs qui me pourrissaient la vie.

En janvier 2002, à 18 ans, je me suis lancée dans une séance de laser KTP. Sans compté la douleur de la séance, j’ai vécu les mois les plus horribles de ma vie. La réaction ne s’est pas faite attendre car dès le lendemain matin mon visage avait triplé de volume. Un léger œdème m’avait on dit ! L’éruption de Tchernobyl n’aurait pas fait mieux… Je pouvais à peine ouvrir les yeux et je me suis cachée le visage avec un foulard pendant trois jours pour ne pas faire peur à ma famille. J’ai aussi dû me cacher du soleil pendant trois semaines après la séance.

Le pire avec le laser, c’est qu’il ne faut pas flipper : pendant quelques semaines on est beaucoup plus rouges qu’avant la séance, il paraît que ça fait partie du processus de cicatrisation. On passe par des passages bizarres : peau granuleuse, hyperpigmentations… Il est clair que le résultat en valait le coup, au bout d’un mois, car toutes mes rougeurs avaient disparues en une seule séance !

Le résultat a duré 2 ou 3 ans. Aujourd’hui tout est revenu, mais je n’ai plus le courage de refaire du laser. Le traitement est trop lourd et j’ai peur des conséquences à long terme. La technique est récente et nul sait ce qu’on va nous dire dans 20 ans quand à l’usage forcené du laser. Un jour j’y reviendrais quand ma couperose sera trop difficile à vivre…"